{"id":1110,"date":"2016-05-25T16:51:22","date_gmt":"2016-05-25T15:51:22","guid":{"rendered":"http:\/\/www.19paulfort.com\/galerie\/?p=1110"},"modified":"2025-03-03T12:11:21","modified_gmt":"2025-03-03T11:11:21","slug":"exposition-avant-juillet-2015-cuba-photographies-dalain-villain-dec-2015","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.19paulfort.com\/galerie\/index.php\/2016\/05\/25\/exposition-avant-juillet-2015-cuba-photographies-dalain-villain-dec-2015\/","title":{"rendered":"12 &#8211; 15 \/ 24 d\u00e9cembre &#8211; Exposition &#8211; \u00ab\u00a0Avant juillet 2015&#8230; Cuba\u00a0\u00bb, photographies d&rsquo;Alain Villain &#8211;"},"content":{"rendered":"<h1>Avant juillet 2015&#8230; Cuba<\/h1>\n<p><em><strong>Photographies d&rsquo;Alain Villain<\/strong><\/em><\/p>\n<p><strong>15 au 24 d\u00e9cembre 2015, tous les jours de 16h \u00e0 21h<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Portraits, sc\u00e8nes de rue&#8230; Il s&rsquo;agit de regards crois\u00e9s, d&rsquo;histoires sans paroles saisies durant un voyage en 2012 \u00e0 travers l&rsquo;\u00eele de Cuba.<br \/>\nLa soci\u00e9t\u00e9 <em>mulata<\/em> qui impressionna tant Federico Garcia Lorca est une r\u00e9alit\u00e9 tr\u00e8s perceptible. L&rsquo;apport hispanique intimement m\u00eal\u00e9 \u00e0 la composante africaine a donn\u00e9 naissance \u00e0 la culture cubaine originale et unique. L&rsquo;insularit\u00e9 a fait le reste et permis \u00e0 ce peuple de se forger une identit\u00e9 affirm\u00e9e qui conf\u00e8re aux Cubains, en d\u00e9pit de leurs diff\u00e9rences, de leur opposition ou non au r\u00e9gime en place, un sentiment d&rsquo;appartenance \u00e0 la m\u00eame nation. Il se d\u00e9gage de la population un indiscutable \u00e9lan de fiert\u00e9 d&rsquo;\u00eatre Cubain. L&rsquo;accord intervenu le 20 juillet 2015 entre Cuba et les \u00c9tats-Unis marque incontestablement un profond changement politique, \u00e9conomique et culturel.<\/p>\n<p>Seront \u00e9galement pr\u00e9sent\u00e9s dans cette exposition diff\u00e9rents objets du Br\u00e9sil : des c\u00e9ramiques de l&rsquo;ile de Marajo,\u00a0\u00a0 des masques de terre du Nordeste, et des objets d&rsquo;art populaire.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"http:\/\/www.19paulfort.com\/images\/stories\/expositions\/CUBA1.jpg\" alt=\"\" width=\"726\" height=\"511\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p>Carnet de voyage \u00ab\u00a0Avant juillet 2015&#8230; Cuba\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Notre propos est d&rsquo;\u00e9voquer un parcours personnel, celui de notre voyage \u00e0 Cuba, autour d&rsquo;une soixantaine de photos choisies par H\u00e9l\u00e8ne Aziza. Nous esp\u00e9rons que ces photos parlent d&rsquo;elles-m\u00eames et qu&rsquo;elles pourront \u00e9ventuellement susciter un \u00e9change d&rsquo;id\u00e9es sur cette \u00eele qui ne laisse personne indiff\u00e9rent. Nos motivations \u00e9taient multiples, avec une pr\u00e9disposition marqu\u00e9e tant pour la langue espagnole que pour les civilisations hispanique et latino-am\u00e9ricaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En d\u00e9pit de son r\u00e9gime politique actuel, nous ne pouvions rester insensibles \u00e0 l&rsquo;\u00e9blouissement \u00e9prouv\u00e9 par le po\u00e8te espagnol Federico Garcia Lorca, lorsqu&rsquo;en mars 1930, pendant plus de trois mois, il s\u00e9journe \u00e0 Cuba, \u00e0 l&rsquo;invitation de l&rsquo;\u00e9crivain Fernando Ortiz, alors directeur de l&rsquo;Institut hispano-cubain \u00e0 la Havane. Dans une lettre \u00e0 ses parents, dat\u00e9e du 5 avril 1930, il parle de cette soci\u00e9t\u00e9 mulata, m\u00e9lange intime des soci\u00e9t\u00e9s espagnole et africaine dont il r\u00e9sulte une culture originale et unique au monde, la culture cubaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorca \u00e9crit :<em> \u00ab\u00a0Cette \u00eele est un paradis [&#8230;] si je disparais qu&rsquo;on me recherche en Andalousie ou \u00e0 Cuba\u00a0\u00bb.<\/em> Cependant, pour notre g\u00e9n\u00e9ration, Cuba est avant tout assimil\u00e9 \u00e0 son r\u00e9gime socialiste, \u00e0 parti unique, li\u00e9 \u00e0 la personnalit\u00e9 contrast\u00e9e de Fidel Castro qui, depuis plus de cinquante ans, exerce de fa\u00e7on tr\u00e8s peu d\u00e9mocratique, son r\u00f4le de <em>Comandante en jefe<\/em>. Au-del\u00e0 de tous les exc\u00e8s connus, Cuba conserve pour nombre d&rsquo;\u00e9trangers une dimension mythique. C&rsquo;est en effet le pays o\u00f9, pour la premi\u00e8re fois en Am\u00e9rique latine, des r\u00e9volutionnaires, apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es de lutte, remportent la victoire contre l&rsquo;arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re du pouvoir en place. Le renversement du dictateur Fulgencio Batista est une mise en cause directe de la tr\u00e8s forte pr\u00e9sence politique et \u00e9conomique des \u00c9tats-Unis dans l&rsquo;\u00eele depuis la fin du 19\u00e8 si\u00e8cle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 les d\u00e9rives autoritaires du pouvoir castriste, le r\u00e9gime a obtenu un certain nombre de succ\u00e8s non n\u00e9gligeables et, en premier lieu, un taux d&rsquo;alphab\u00e9tisation de la population de 98,8 %. Il a su \u00e9galement d\u00e9velopper, sur tout le territoire, un syst\u00e8me de sant\u00e9 et d&rsquo;\u00e9ducation uniques en Am\u00e9rique latine. Il a enfin men\u00e9 plusieurs r\u00e9formes agraires, surv\u00e9cu au blocus \u00e9conomique et \u00e0 une politique impitoyable, mise en place en 1961 par les \u00c9tats-Unis, qui prive alors la population des biens les plus \u00e9l\u00e9mentaires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec les ann\u00e9es, le r\u00e9gime de Fidel Castro s&rsquo;est radicalis\u00e9, niant les droits \u00e9l\u00e9mentaires des Cubains et usant de traitements violents \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des contestataires ou de ceux qui souhaitaient fuir la mis\u00e8re. La situation s&rsquo;aggrave encore \u00e0 partir de l&rsquo;effondrement de l&rsquo;ex-URSS, premier acheteur de la canne \u00e0 sucre, devenue une monoculture impos\u00e9e \u00e0 Cuba contre du p\u00e9trole.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans les ann\u00e9es 90, Cuba conna\u00eet une p\u00e9riode tr\u00e8s dure dite <em>el periodo especial en tiempos de paz.<\/em> Avec la disparition de son client principal, le gouvernement ne trouve pas de solution de substitution. La famine entra\u00eene \u00e0 plusieurs reprises des soul\u00e8vements de la population. Avec le sens de l&rsquo;opportunisme qui le caract\u00e9rise Fidel Castro invite en 1998 le Pape Jean-Paul II afin de donner quelque satisfaction au peuple cubain tr\u00e8s largement croyant. Pour la premi\u00e8re fois, un pape foule le sol de Cuba et les cubains obtiennent le droit de c\u00e9l\u00e9brer officiellement la f\u00eate de No\u00ebl dans un pays, o\u00f9, entre 1959 et 1976, nombre de personnes ont \u00e9t\u00e9 pers\u00e9cut\u00e9es pour leurs convictions religieuses. Il faut attendre 1992 pour que la libert\u00e9 de culte soit \u00e9galement admise. Dans son discours d&rsquo;adieu, le Pape d\u00e9noncera les cons\u00e9quences n\u00e9gatives de l&#8217;embargo am\u00e9ricain sur la population cubaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En juillet 2006, Fidel Castro, contraint par la maladie, transmet une partie de ses pouvoirs \u00e0 son fr\u00e8re Raul Castro. Le 24 f\u00e9vrier 2008, <em>el Comandante en jefe<\/em> cesse d&rsquo;exercer ses fonctions et Raul Castro, vice-pr\u00e9sident et ministre des Arm\u00e9es est \u00e9lu \u00e0 la t\u00eate de l&rsquo;Etat. Cuba entre alors dans un processus d&rsquo;\u00e9volution irr\u00e9versible en introduisant des \u00e9l\u00e9ments de privatisation destin\u00e9s \u00e0 rendre plus productif et efficace le mod\u00e8le socialiste. Un statut particulier est instaur\u00e9 qui ressemble \u00e0 ce qu&rsquo;on appelle en France le statut d&rsquo;auto-entrepreneur. Il concerne trois professions : les chambres d&rsquo;h\u00f4te <em>(casas particulares)<\/em>, les chauffeurs de taxis, les salons de beaut\u00e9 et de coiffure soumis \u00e0 l&rsquo;obtention d&rsquo;une licence et au paiement d&rsquo;imp\u00f4ts. Cette initiative remporte un tel succ\u00e8s, qu&rsquo;en l&rsquo;espace de six mois, en 2010, pas moins de deux cent vingt mille licences ont \u00e9t\u00e9 accord\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous voulions savoir ce qui restait des principes positifs de l&rsquo;utopie cubaine ou si, comme s&rsquo;interroge le r\u00e9alisateur Renaud Schaack dans l&rsquo;un de ses films, sorti en 2007, Cuba [\u00e9tait] une utopie bris\u00e9e ? Qu&rsquo;en restait-il ? Il \u00e9tait urgent d&rsquo;aller sur place, \u00e0 la rencontre des Cubains, si possible au plus pr\u00e8s de leur quotidien, ainsi qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9coute de leur musique omnipr\u00e9sente.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nos crit\u00e8res \u00e9taient simples, voyager en ind\u00e9pendant, en logeant chez l&rsquo;habitant dans les <em>casas particulares<\/em>. Nous avions avec les Cubains la langue en partage et nous disposions d&rsquo;un contact amical avec des musiciens cubains de la Havane. D&#8217;embl\u00e9e, nous avions exclu de notre voyage, ce qui, aux yeux de millions de touristes, fait l&rsquo;attrait de Cuba, \u00e0 savoir ses magnifiques plages de sable fin au nord, du c\u00f4t\u00e9 de Varadero ou dans les Cayos, le tout, dans le cadre de s\u00e9jours <em>\u00ab\u00a0todo incluido\u00a0\u00bb.<br \/>\n<\/em><br \/>\nAfin de ne pas nous limiter \u00e0 la splendeur \u00e0 la fois d\u00e9cadente et contemporaine de la Havane, nous avions d\u00e9cid\u00e9, d\u00e8s le d\u00e9part, d&rsquo;aller jusqu&rsquo;au bout de l&rsquo;\u00eele, dans l&rsquo;Oriente, dont est originaire la famille Castro. C&rsquo;est-\u00e0 dire, \u00e0 Santiago de Cuba et m\u00eame au-del\u00e0 jusqu&rsquo;\u00e0 Baracoa, premi\u00e8re capitale historique de Cuba. Puis, dans un deuxi\u00e8me temps, d&rsquo;explorer l&rsquo;ouest \u00e0 partir de la Havane. S&rsquo;est donc tout de suite pos\u00e9e \u00e0 nous la question des modes de transport. Force nous a \u00e9t\u00e9 de constater que nous ne pouvions pas voyager, si ais\u00e9ment que cela, avec des cubains. Le train au r\u00e9seau, aujourd&rsquo;hui tr\u00e8s limit\u00e9, nous avait \u00e9t\u00e9 formellement d\u00e9conseill\u00e9 pour son caract\u00e8re al\u00e9atoire et peu s\u00fbr. Il faut dire que les d\u00e9placements sont un souci permanent pour la population. Les Cubains pratiquent l&rsquo;auto-stop, la marche \u00e0 pied, ils circulent en bicyclette, moto, <em>side-car,<\/em> s&rsquo;entassent, tous \u00e2ges confondus, dans n&rsquo;importe quel type de v\u00e9hicules, charrettes, carrioles tir\u00e9es par des b\u0153ufs ou des chevaux, dans des camions am\u00e9ricains et parfois russes, retap\u00e9s sommairement et bien entendu, non climatis\u00e9s. Ajoutons que pour circuler dans l&rsquo;\u00eele, l&rsquo;\u00e9tat des routes limite les circuits et ne favorise pas la location de voitures individuelles. Une voiture conduite par un non initi\u00e9 s&rsquo;expose \u00e0 de mauvaises surprises. A qui veut traverser le pays, il reste alors le taxi, la voiture avec un chauffeur cubain ou les r\u00e9seaux d&rsquo;autocars de marque chinoise Yutong, climatis\u00e9s et r\u00e9serv\u00e9s exclusivement aux touristes et aux Cubains travaillant pour le tourisme. Sur le bord de la route, il n&rsquo;est pas rare de voir des Cubains agiter quelques billets dans l&rsquo;espoir d&rsquo;\u00eatre admis \u00e0 bord. Le chauffeur ne s&rsquo;arr\u00eate jamais, sauf pour quelques rares \u00ab\u00a0privil\u00e9gi\u00e9s\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous avons donc circul\u00e9 en autocar tant avec la compagnie Viazul qu&rsquo;avec Havanatur, toutes deux entreprises de l&rsquo;Etat d\u00e9pendant de la Cubanacan. Rappelons que la Cubanacan, en 2012, poss\u00e9dait 50% du march\u00e9 du tourisme (58 h\u00f4tels, soit 8000 chambres, 48 restaurants, des boutiques, un service de location de voiture et un parc d&rsquo;autocars) et qu&rsquo;elle accueillait dans ses installations pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des touristes \u00e9trangers : c&rsquo;est une soci\u00e9t\u00e9 mixte dont 51% du capital est cubain, le reste revenant \u00e0 des investisseurs priv\u00e9s, espagnols et canadiens pour l&rsquo;essentiel. Cependant pour disposer d&rsquo;une plus grande libert\u00e9, de Camag\u00fcey \u00e0 Baracoa via Santiago de Cuba, nous avons choisi de circuler dans une voiture particuli\u00e8re conduite par un Cubain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous \u00e9tions finalement, \u00e0 notre corps d\u00e9fendant, des touristes puisque tout nous s\u00e9parait de la population, \u00e0 commencer par l&rsquo;absence de possibilit\u00e9s r\u00e9elles de vie en commun, si ce n&rsquo;est de nombreuses conversations, souvent tr\u00e8s instructives, avec les propri\u00e9taires des<em>casas particulares<\/em>. Au demeurant, le Cubain est dou\u00e9 d&rsquo;une capacit\u00e9 d&rsquo;adaptation remarquable. Il doit faire face au manque d&rsquo;infrastructure routi\u00e8re, de transports en commun, aux pannes d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 qui paralysent parfois, une journ\u00e9e enti\u00e8re, les heureux propri\u00e9taires d&rsquo;un ordinateur. Il est devenu ma\u00eetre dans l&rsquo;art de r\u00e9parer n&rsquo;importe quelle carcasse et d&rsquo;en faire un objet mobile : motos, voitures de toutes marques qui, d&rsquo;ailleurs, fonctionnent tr\u00e8s bien avec des pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es d\u00e9tourn\u00e9es de leurs fonctions d&rsquo;origine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais le v\u00e9ritable foss\u00e9 entre les Cubains eux-m\u00eames et entre les Cubains et les touristes, c&rsquo;est l&rsquo;argent. Cela tient \u00e0 l&rsquo;existence de deux monnaies : le peso cubano et le peso convertible dit CUC <em>(Convertible Unit Currency)<\/em>, cr\u00e9\u00e9 en 1994 et depuis 2011, align\u00e9 sur le dollar. Un CUC en 2012 valait environ 24 pesos cubanos. Il faut rappeler ici que la population cubaine voit son salaire vers\u00e9 en pesos cubanos. En moyenne, un agent de l&rsquo;Etat re\u00e7oit par mois entre 300 et 450 pesos cubanos. Cette monnaie ne lui permet 3 d&rsquo;acqu\u00e9rir que des produits de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9 inscrits sur la liste arr\u00eat\u00e9e chaque ann\u00e9e par le gouvernement (riz, sucre, caf\u00e9, haricots&#8230;) et achet\u00e9s dans les magasins r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 ceux qui d\u00e9tiennent la <em>libreta<\/em>, un carnet d&rsquo;alimentation institu\u00e9 il y a cinquante ans. Mais d&rsquo;ann\u00e9e en ann\u00e9e, le nombre des articles s&rsquo;amenuise et les Cubains doivent payer les transports, l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9, les v\u00eatements en pesos convertibles, sans compter des produits tels que le savon&#8230; ou m\u00eame certaines denr\u00e9es, comme les l\u00e9gumes. Cette situation marginalise la population la plus fragile, notamment les personnes \u00e2g\u00e9es, v\u00e9ritables laiss\u00e9es-pour-compte de la soci\u00e9t\u00e9 cubaine. Comme nous le confiait un chauffeur de taxi de la Havane, <em>\u00ab\u00a0avec notre salaire, il est impossible de vivre, alors chacun s&rsquo;arrange comme il peut. Le gouvernement le sait tr\u00e8s bien et ferme les yeux. Personne n&rsquo;est inqui\u00e9t\u00e9 pour un larcin. En revanche, si l&rsquo;on est suspect\u00e9 d&rsquo;\u00eatre un opposant au r\u00e9gime, alors on sera poursuivi et condamn\u00e9 au motif de vol\u00a0\u00bb.<\/em> Pour toutes ces raisons, le Cubain doit avant tout se procurer des pesos convertibles. La premi\u00e8re source de CUC, c&rsquo;est le touriste, objet de convoitise qui suscite des mouvements parfois violents entre les tenanciers de <em>casas particulares<\/em> et les <em>jineteros<\/em> cherchant \u00e0 d\u00e9tourner les clients vers d&rsquo;autres <em>casas particulares<\/em> pour lesquelles ils travaillent contre r\u00e9mun\u00e9ration.<br \/>\nMichel Villand et Francis Mat\u00e9o, auteurs de l&rsquo;ouvrage <em>\u00ab\u00a0Mon associ\u00e9 Fidel Castro\u00a0\u00bb<\/em>, publi\u00e9 en mars 2012, r\u00e9sument de fa\u00e7on imag\u00e9e et fort r\u00e9aliste la situation des touristes consid\u00e9r\u00e9s par la plupart des cubains comme des <em>\u00ab\u00a0dollars sur pattes\u00a0\u00bb,<\/em> autrement dit, selon nous, comme des <em>\u00ab\u00a0machines \u00e0 CUC\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un pays, plusieurs r\u00e9alit\u00e9s<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La soci\u00e9t\u00e9 cubaine est aujourd&rsquo;hui tr\u00e8s in\u00e9galitaire partag\u00e9e entre riches et pauvres. Le foss\u00e9 s\u00e9pare, d&rsquo;une part, les salari\u00e9s de l&rsquo;Etat et, d&rsquo;autre part, ceux qui g\u00e8rent leurs propres affaires. Ces derniers, pour la plupart, travaillent dans le monde du tourisme ou b\u00e9n\u00e9ficient de l&rsquo;aide significative apport\u00e9e par leurs familles expatri\u00e9e le plus souvent en Floride. Les agents de l&rsquo;Etat sont de plus en plus contest\u00e9s, si l&rsquo;on s&rsquo;en tient aux propos tenus par Raul Castro, quand il d\u00e9clarait le 27 d\u00e9cembre 2008: \u00ab\u00a0il s&rsquo;agit de donner sa vraie valeur au salaire\u00a0\u00bb, et, il ajoutait <em>\u00ab\u00a0&#8230;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;alternative\u00a0\u00bb.<\/em> Le luxe s&rsquo;affiche d\u00e9sormais dans les quartiers riches de la Havane tel que Miramar ou \u00e0 travers les immeubles historiques du centre-ville, pour certains, magnifiquement restaur\u00e9s et destin\u00e9s d\u00e9sormais \u00e0 une client\u00e8le internationale, chassant ainsi peu \u00e0 peu la population du centre historique de la ville. Les russes, particuli\u00e8rement nombreux \u00e0 Cuba, \u00e9talent leur richesse de fa\u00e7on ostentatoire, un peu partout dans les villes, notamment \u00e0 la Havane. De toutes parts on annonce la construction d&rsquo;h\u00f4tels de luxe, notamment sur la Isla de la Juventud, au sud de Cuba, dans des espaces encore vierges. Des fractures se cr\u00e9ent entre la g\u00e9n\u00e9ration des soixantenaires, \u00e9lev\u00e9s dans l&rsquo;attachement \u00e0 la r\u00e9volution qui leur a permis d&rsquo;apprendre un m\u00e9tier et de vivre d\u00e9cemment et les plus jeunes, qui se sentent peu concern\u00e9s par cet h\u00e9ritage et plut\u00f4t attir\u00e9s par ce que leur fait miroiter la soci\u00e9t\u00e9 de consommation. Sur la voie publique, la population reste indiff\u00e9rente aux slogans pourtant attribu\u00e9s aux pionniers de la r\u00e9volution de 1959, h\u00e9ros admir\u00e9s par nombre de cubains. Citons le g\u00e9n\u00e9ral Camilo Cienfuegos Gorriar\u00e1n, disparu le 28 octobre 1959, Ernesto Guevara dit le Che, ex\u00e9cut\u00e9 en Bolivie le 9 octobre 1967. Le premier militant de l&rsquo;ind\u00e9pendance, Jos\u00e9 Marti (1853-1895), dont la figure a inspir\u00e9 les r\u00e9volutionnaires et dont les id\u00e9es ont irrigu\u00e9 l&rsquo;ensemble du syst\u00e8me d&rsquo;\u00e9ducation a son buste pr\u00e9sent dans toutes les \u00e9coles. Ces slogans, dans un parfait \u00e9tat de conservation car repeints r\u00e9guli\u00e8rement, sont inscrits sur tous les murs de l&rsquo;\u00eele, dans les villes comme dans les campagnes et constituent, tel le fil conducteur d&rsquo;une exposition mus\u00e9ographique, les paraboles d&rsquo;une r\u00e9volution d\u00e9sincarn\u00e9e et \u00e0 laquelle plus personne ne croit.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Marie-France Calas et Alain Villain Paris, d\u00e9cembre 2015<\/p>\n<hr \/>\n<p><a title=\"Alain Villain\" href=\"http:\/\/www.19paulfort.com\/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=298:villain-alain&amp;catid=29&amp;Itemid=165&amp;lang=fr\">&gt; Voir la fiche d&rsquo;Alain Villain<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avant juillet 2015&#8230; Cuba Photographies d&rsquo;Alain Villain 15 au 24 d\u00e9cembre 2015, tous les jours de 16h \u00e0 21h Portraits, sc\u00e8nes de rue&#8230; Il s&rsquo;agit de regards crois\u00e9s, d&rsquo;histoires sans paroles saisies durant un voyage en 2012 \u00e0 travers l&rsquo;\u00eele de Cuba. La soci\u00e9t\u00e9 mulata qui impressionna tant Federico Garcia Lorca est une r\u00e9alit\u00e9 tr\u00e8s&hellip;<a href=\"http:\/\/www.19paulfort.com\/galerie\/index.php\/2016\/05\/25\/exposition-avant-juillet-2015-cuba-photographies-dalain-villain-dec-2015\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">12 &#8211; 15 \/ 24 d\u00e9cembre &#8211; Exposition &#8211; \u00ab\u00a0Avant juillet 2015&#8230; Cuba\u00a0\u00bb, photographies d&rsquo;Alain Villain &#8211;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[12,7,16],"tags":[],"class_list":["post-1110","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-evenements-2015","category-evenements-passes","category-expositions"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.19paulfort.com\/galerie\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1110","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.19paulfort.com\/galerie\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.19paulfort.com\/galerie\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.19paulfort.com\/galerie\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.19paulfort.com\/galerie\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1110"}],"version-history":[{"count":7,"href":"http:\/\/www.19paulfort.com\/galerie\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1110\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13010,"href":"http:\/\/www.19paulfort.com\/galerie\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1110\/revisions\/13010"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.19paulfort.com\/galerie\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1110"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.19paulfort.com\/galerie\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1110"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.19paulfort.com\/galerie\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1110"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}